Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

onfray

  • De Onfray à Proudhon

    "Je suis d'une gauche inassignable. Par Pierre qui me fit connaître les anarchistes, j'ai découvert qu'il existait une gauche anarchiste qui n'est ni la gauche libérale, qui se distingue à peine de la droite libérale, ni la gauche marxiste, avec son cortège de totalitarismes. Mais l'anarchie est une vaste auberge espagnole dans laquelle on trouve des anarcho-communistes plus communistes qu'anarchistes, des anarcho-individualistes qui se réclament de Stirner (comme Pierre Bergé, c'est dire...), des partisans de la violence révolutionnaire ou des pacifistes forcenés. Proudhon, qui n'est rien de tout cela, est socialiste et non communiste ; il est pragmatique, jamais idéologue ; il croit au réel, ce qui ne l'empêche pas de souscrire à un idéal ; il veut une révolution par et pour le peuple, et non par une avant-garde éclairée organisée dans un parti avec des révolutionnaires professionnels ; il n'est pas un philosophe hégelien tombé en politique, mais un fils de pauvre, pauvre lui-même, soucieux de révolutionner par l'autogestion, les coopératives, les fédérations, autrement dit par l'action collective. Il croit en l'Etat comme garanties des formes anarchistes -lire sa "Théorie de la propriété". Il enseigne qu'on peut faire la révolution sans prendre le pouvoir. Qu'il suffit de la vouloir et qu'on est responsable, et soi seul, du fait qu'elle advienne ou non. J'ai lu "Qu'est-ce que la propriété ? quand j'avais 16 ans, j'y suis resté fidèle. La gauche assignable a du mal avec ce genre de fidélité".

    M. Onfray, Le Point n°2218 du jeudi 12 mars 2015.