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  • De Onfray à Proudhon

    "Je suis d'une gauche inassignable. Par Pierre qui me fit connaître les anarchistes, j'ai découvert qu'il existait une gauche anarchiste qui n'est ni la gauche libérale, qui se distingue à peine de la droite libérale, ni la gauche marxiste, avec son cortège de totalitarismes. Mais l'anarchie est une vaste auberge espagnole dans laquelle on trouve des anarcho-communistes plus communistes qu'anarchistes, des anarcho-individualistes qui se réclament de Stirner (comme Pierre Bergé, c'est dire...), des partisans de la violence révolutionnaire ou des pacifistes forcenés. Proudhon, qui n'est rien de tout cela, est socialiste et non communiste ; il est pragmatique, jamais idéologue ; il croit au réel, ce qui ne l'empêche pas de souscrire à un idéal ; il veut une révolution par et pour le peuple, et non par une avant-garde éclairée organisée dans un parti avec des révolutionnaires professionnels ; il n'est pas un philosophe hégelien tombé en politique, mais un fils de pauvre, pauvre lui-même, soucieux de révolutionner par l'autogestion, les coopératives, les fédérations, autrement dit par l'action collective. Il croit en l'Etat comme garanties des formes anarchistes -lire sa "Théorie de la propriété". Il enseigne qu'on peut faire la révolution sans prendre le pouvoir. Qu'il suffit de la vouloir et qu'on est responsable, et soi seul, du fait qu'elle advienne ou non. J'ai lu "Qu'est-ce que la propriété ? quand j'avais 16 ans, j'y suis resté fidèle. La gauche assignable a du mal avec ce genre de fidélité".

    M. Onfray, Le Point n°2218 du jeudi 12 mars 2015.

  • Mixité sociale, solution ou alibi

     

    « On peut attribuer des vertus à la mixité sociale, mais le passage d’un état de ségrégation à celui de la mixité sociale peut avoir un coût social excédant celui des avantages, par exemple en termes de lien social ou de réussite scolaire. En outre, les quartiers désignés comme des ghettos peuvent avoir un rôle de sas pour certaines populations et ils sont d’ailleurs caractérisés par une forte mobilité résidentielle. Certes, ils représentent aussi une nasse pour certains, qui s’y sentent piégés. Ceci étant, ces quartiers n’ont pas que des tares, ils ont aussi des atouts. Pour les mettre en valeur, il faut, bien sûr, des moyens supplémentaires destinés aux services publics, notamment pour l’école. Il faut aussi arrêter de voir ces quartiers sous un angle uniquement pathologique et reconnaître la valeur de leurs habitants. Le discours sur la mixité sociale est, à ce titre, plutôt contre-productif et cache les vrais enjeux ».

     

    Eric Charmes, sociologue et urbaniste

    La Gazette des communes, 09.02.2015.