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De Onfray à Proudhon

"Je suis d'une gauche inassignable. Par Pierre qui me fit connaître les anarchistes, j'ai découvert qu'il existait une gauche anarchiste qui n'est ni la gauche libérale, qui se distingue à peine de la droite libérale, ni la gauche marxiste, avec son cortège de totalitarismes. Mais l'anarchie est une vaste auberge espagnole dans laquelle on trouve des anarcho-communistes plus communistes qu'anarchistes, des anarcho-individualistes qui se réclament de Stirner (comme Pierre Bergé, c'est dire...), des partisans de la violence révolutionnaire ou des pacifistes forcenés. Proudhon, qui n'est rien de tout cela, est socialiste et non communiste ; il est pragmatique, jamais idéologue ; il croit au réel, ce qui ne l'empêche pas de souscrire à un idéal ; il veut une révolution par et pour le peuple, et non par une avant-garde éclairée organisée dans un parti avec des révolutionnaires professionnels ; il n'est pas un philosophe hégelien tombé en politique, mais un fils de pauvre, pauvre lui-même, soucieux de révolutionner par l'autogestion, les coopératives, les fédérations, autrement dit par l'action collective. Il croit en l'Etat comme garanties des formes anarchistes -lire sa "Théorie de la propriété". Il enseigne qu'on peut faire la révolution sans prendre le pouvoir. Qu'il suffit de la vouloir et qu'on est responsable, et soi seul, du fait qu'elle advienne ou non. J'ai lu "Qu'est-ce que la propriété ? quand j'avais 16 ans, j'y suis resté fidèle. La gauche assignable a du mal avec ce genre de fidélité".

M. Onfray, Le Point n°2218 du jeudi 12 mars 2015.

Commentaires

  • « Le 8 janvier 1847, il [Proudhon]est initié franc-maçon à la Loge Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié du Grand Orient de France à Besançon.

    Lorsque les questions rituelles lui sont posées, il répond : « Que doit l'homme à ses semblables ? Justice à tous les hommes ; Que doit-il à son pays ? Le dévouement ; Que doit-il à Dieu ? Guerre à Dieu. » Une discussion s'ensuit où Proudhon explicite sa position antithéiste. Dans son ouvrage De la justice dans la Révolution et dans l’Église (1858), il s'explique : « Le Dieu des maçons n'est ni Substance, ni Cause, ni Âme, ni Monade, ni Créateur, ni Père, ni Verbe, ni Amour, ni Paraclet, ni Rédempteur, ni Satan, ni rien de ce qui correspond à un concept transcendantal : toute métaphysique est ici écartée. C'est la personnification de l'Équilibre universel : Dieu est l'Architecte ; il tient le Compas, le Niveau, l'Équerre, le Marteau, tous les instruments de travail et de mesure. Dans l'ordre moral, il est la Justice. Voilà toute la théologie maçonnique » Wikipedia

  • Substituer à la Trinité pleinement révélée par et en Jésus-Christ selon la tradition orthodoxe, Trinité dont les énergies divines (la Grâce) ont été personnellement expérimentées et vécues par d'innombrables saints depuis deux millénaires,
    un "Grand Architecte de l'Univers" abstrait, pur produit de ratiocinations humaines
    (cf. Voltaire, "L'Univers m'embarrasse, et je ne puis songer Que cette horloge existe et n'ait pas d'horloger"), cette substitution impie et finalement idolâtre (de l'esprit l'homme déchû impénitent, non régénéré donc non sanctifié) est typique
    de la pan-hérésie humaniste qui met l'homme-dieu (prométhéen et luciférien) à la place du Dieu-homme, à savoir le Christ.
    Sectes maçonniques, libérales, libertaires, anarchistes, socialistes et communistes
    procèdent toutes de cette source empoisonnée, laquelle répand ses pestilences
    en Europe, et, par des Européens hérétiques, dans l'Univers entier depuis le XVIIIe
    siècle.
    Et l'invocation rituelle, par ces hérétiques, de ce qu'ils appellent "la Liberté"
    (sic) est vaine (et d'ailleurs, en fin de compte, liberticide), car
    "QUELLE MORT EST PIRE POUR L'ÂME QUE LA LIBERTE DE L'ERREUR ?"
    (bienheureux Augustin, évêque d'Hippone, lettre 105 contre les Donatistes).
    Le bon sens d'un Chesterton lui avait fait constater :
    "Les Titans n'ont pas escaladé le ciel, mais ils ont dévasté la terre."
    (dans "Orthodoxie").

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