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Mixité sociale, solution ou alibi

 

« On peut attribuer des vertus à la mixité sociale, mais le passage d’un état de ségrégation à celui de la mixité sociale peut avoir un coût social excédant celui des avantages, par exemple en termes de lien social ou de réussite scolaire. En outre, les quartiers désignés comme des ghettos peuvent avoir un rôle de sas pour certaines populations et ils sont d’ailleurs caractérisés par une forte mobilité résidentielle. Certes, ils représentent aussi une nasse pour certains, qui s’y sentent piégés. Ceci étant, ces quartiers n’ont pas que des tares, ils ont aussi des atouts. Pour les mettre en valeur, il faut, bien sûr, des moyens supplémentaires destinés aux services publics, notamment pour l’école. Il faut aussi arrêter de voir ces quartiers sous un angle uniquement pathologique et reconnaître la valeur de leurs habitants. Le discours sur la mixité sociale est, à ce titre, plutôt contre-productif et cache les vrais enjeux ».

 

Eric Charmes, sociologue et urbaniste

La Gazette des communes, 09.02.2015.

Commentaires

  • Des atouts découlant - au moins à titre temporaire, en attendant mieux - d'un
    "dèveloppement séparé" entre natifs de souches européennes et peuplades d'origine extra-européenne ?
    Mais ce serait affreux pour le sacro-saint "vivre-ensemble citoyen" et
    les non moins sacro-saintes "valeurs de la (= leur) République" !
    Un constat aussi horrible serait-il susceptible de troubler les digestions de
    - par exemple - M. le président du Sénat, de le faire maigrir dangereusement,
    mettant ainsi en péril son équilibre et sa légendaire pondération ?
    Au secours,républicains, la lucidité revient !

  • Au moment où le capitaine des pompiers monte au charbon pour simuler une prise en compte officielle à usage électoral de « toute la misère du monde » intérieur, découvrant violemment d'un coup d'un seul, après les « évènements » du 7 janvier, un apartheid « caché », voici un petit texte qui fait l'apologie du ghetto, parle de ses « vrais enjeux » – cachés.

    Celui qui parle appartient à un « ordre » convenu devenu, dans son ensemble, aussi peu ragoûtant aujourd'hui, sans que cela soit évidemment nouveau, que celui des ingénieurs des Ponts et Chaussées, par exemple, pour en citer un mal-faisant parmi bien d'autres.

    D'abord le coût de la réparation prétendue, pré-vendue d'une « injustice sociale » que la gauche, dans l'ensemble, est bien loin de comprendre que d'y être étrangère par ses ailleurs collabo-libéraux-démocrates, ne peut être évidemment que plus élevé que si on ne fait rien pour supprimer les « avantages » inavouables de la situation à découvrir. L'économie n'a pas d'odeur... C'est pourquoi on reste dans le vague positif des suggestions qui se gardent bien d'appuyer là où ça fait mal.

    Ensuite, amis de l'intelligence spéculative bien conçue, des sas de « décontamination » sont nécessaires avec certaines « populations » (les urbanistes ont la bonne habitude, avec d'autres politiciens et décideurs, de nous obliger à employer légitimement ce terme pour désigner des êtres humains non encore normalisés pour une raison ou une autre, un peu comme l'éleveur industriel utilise exactement le même, pour exprimer le contraire, tout en allant dans le même sens : entendez unités en stock.). Il s'agit de matière première brute de décoffrage, non encore calibrée, si on peut dire.

    Pour ce charmant sociologue-urbaniste (« mix » d'humanisme spécial qui peut difficilement être dépassé en termes de chiennerie de garde des pathologies du troupeau), pour ces maquignon d'hommes à parquer, néo-négriers des temps modernes juchés sur leurs vaisseaux de béton armé, honorables artistes de notre belle urbanité adaptée ; pour ceux là donc, que des camps de concentration urbaine, dont on ne peut dire sans exagérer qu'il s'agisse de ghettos, – terme sans doute réservé à des population juives, en des temps révolus (« c'était avant..., on a changé), existent, c'est bien sûr.

    Mais ce dont il s'agit ne peut être défini par ceux qui les subissent, ces habitats-cités de transit : leurs sentiments sont trop subjectifs, et même, si l'éternelle et insupportable plainte des relégués avait quelque raison d'être, l'instrumentale ou le simple bon sens économique (entendez celui des élites, non le populaire) nous met devant le miracle de la transformation des tares en atouts : la valeur d'échange du cheptel doit être considérée en profondeur, à long terme, sous tous les angles morts.

    En général, ces « populations » familialement regroupées, une fois normalisée, présentent des unités humaines de production sans doute en meilleure santé physique que de vieilles unités indigènes françaises « de souche », aux bras usés d'illusions, cassés de fatigue répétitive, avachies et épuisées par un embourgeoisement d'assistance mentale consommatoire, vieux sang usé par des siècles d'industrie et d'enfermement climatique urbain et de bourrage imbécile de crâne civico-catho. De ceci un Céline en parla bien...

    Ces unités mobiles, provisoirement fixée et concentrées, déracinées, en pot, d'importation récente, constituent « un sang frais » pour le système, chaud, ambitieux primaire, libéralement activé dans son désespoir de parqué même, avide pour s'en sortir, de tout faire, de se « défoncer » jusqu'au bout, jusqu'au burn out s'il faut, pour se montrer et montrer qu'il existe, bat et se bat bien, autant que d'autres populations si visiblement plus avantagées, sans qu'elle n'y soient, elles non plus, pour rien, avec lesquelles on les fait concourir... (Morituri te salutant... Ah ! Sublime école de l'égoïsme, de l'ambition, de la jalousie, des illusions, du pouvoir, de la puissance et du désespoir !)

    … à prétendues chances égales sur le papier de lois de pacotille quand aucune culture commune existe au départ, et ne pourra donc, non plus, être à l'arrivée ; qu'un repli communautaire dévoiera nécessairement les plus fragilisés des enfants d'en bas vers un terrorisme utopique mythique, comme le fut la bande à Baader, pour d'autres, plus fréquentables et éduqués, eux, en d'autres temps,, avec une belle cause humaniste en miroir du fascisme encore plus réel de la prétendue islamique paradisiaque d'aujourd'hui.

    Quand cessera la nazification idéologique de droite, de gauche, laïque ou religieuse, des gens, de couleur ou pas, d'importation ou pas, des vieux ou des jeunes ? Jamais : elle est consubstantielle au système technicien urbain, l'énergie négative du moteur à explosion. Nous sommes tous des enfants-soldats, sauf qu'il y en a qui le seront plus que les autres, qui iront plus loin dans l'horreur... cachée derrière nos bons sentiments.

    Ces enfants, ces mères ces pères des ghettos, dans leur ensemble, veulent tellement vivre et montrer leur valeur humaine marchande comprimée, que ce que les politiciens nomment la République, et qui n'est plus qu'une trahison verbale de plus en plus tragique, peut productivement compter sur eux, sur belles illusions de battants de couleur, d'énergétique rebelles du mérite pour passer plus facilement, plus rapidement, plus violemement encore à l'inévitable choc multiculturaliste d'une modernité américanisée de frais, avec tout le terrorisme intellectuel et moral politiquement correct qui va avec, face à des autochtones décervelés rétrogradés par « le progrès », qui refusent de jeter aux poubelles de la modernité les certitudes stables d'une culture en démolition, en décomposition avancée.

    Le « creuset » français à « l'international(e) » ne peut qu'être boosté par la natalité naturelle de populations mieux encadrées et formatées. La production industrielle de matière grise aussi, à terme. Sans parler du stakhanovisme au mérite républicain, de la fierté d'appartenir à la 5ème ou 6ème puissance mondiale, d'abord marchande de canons et de nucléaire, d'avoir intégré de droit, cela suffira, une industrie culturelle universellement respectée, même si elle ne respecte plus que des caricatures de valeurs « héritées » plus que méritées : la liberté d'opinion supprimant la liberté de conscience... Voilà de vrais enjeux politiques dont on peut parler sans en parler, amis industriels ou banquiers. Voilà les belles valeurs implicites notre belle France bananière.

    Comment ne pas avoir honte, non de la France des banlieues qui n'est que ce qu'on en a délibérément fait, Messieurs les sociologues-urbanistes de service, et qui doit, si on sait encore ce qu'est la dignité humaine, s'il est encore permis d'en douter, être effacée avec des excuses concrètes et non des contritions verbales de bonnes-soeurs libérales-communistes – quel qu'en soit le coût – en faisant la preuve d'une culture vraie, humainement supérieure ; oui, on ne peut qu'avoir honte de tous ceux qui ont fabriqué cette horreur qui nous fait détourner la tête, plus calculatrice que pensante et bien faite, qu'on nous a greffé en retour de sécurité alimentaire à la place du cœur, du courage et de la liberté. La vraie France, celle de la Culture, n'a jamais eu honte de ses enfants, elle ne peut que les aimer, les aider à aimer, à l'aimer, à s'aimer dans l'autre ; le reste est sale, c'est pour ça qu'il si hors de prix et qu'il y faut désormais toutes les mafias du monde pour oser y investir...

    Mais la Culture, depuis qu'elle a des Maison d'Etat, raison d'État au lieu d'être maison commune, est aux ordres et à la finance, et malgré les apparences mielleuses des propagandes, il est bien rare qu'elle se lave et lave vraiment propre, elle se blanchit seulement, comme ces blancs de music-hall qui singeaient les orchestre noirs des rues. Nous sommes bel et bien dans l'alibi bas, pur et simple, bête et cruel, éternel établi, rien que dans l'alibi, quand on sait ce que ce mot veut dire. Pour s'en convaincre, il n'est que de songer à ce que nous faisons chaque jour que Dieu fait dans les pays d'origine de ces « populations » : pillage et épuisement des ressources par tous les moyens, y compris la guerre civile, maquignonnage des flux migratoires et des « exils », l'État français, lui-même employeur de travailleurs illégaux etct...

    Mais ceci est une autre histoire, une autre fable qui divise indigènes de souche perversement fascisés et autonomistes de l'international révolutionnaire-productif tout aussi fanatisé... paysans de l'intérieur aveuglés de misère contre cosmo-bobos illuminés, sur les moyens de s'américaniser par le vide sans en avoir l'air : notre culture profonde était anti-fasciste ET anti-égalitariste ; mais dans l'exode intérieur qui nous pousse au crime « transcendantalisé » low cost d'aujourd'hui, (– la guerre civile, économique, psychologique, idéologique, sexuelle, raciale, culturelle – est une fête ! Retour consommatoire du sacré obscur) qui s'en souvient encore ? La peur est déjà redevenue une valeur supérieure sûre d'avant-guerre. Réfléchissez bien à ce que vous croyez penser être dans le rien qui vous vient par le nouveau clergé sociologue-urbaniste de choc...

  • "notre culture profonde était anti-fasciste ET anti-égalitariste ; mais dans l'exode intérieur qui nous pousse au crime « transcendantalisé » low cost d'aujourd'hui, (– la guerre civile, économique, psychologique, idéologique, sexuelle, raciale, culturelle – est une fête !".
    Il n'y a pas, et il n'y aura sans doute pas, de guerre civile pour défendre une culture dont beaucoup ont oublié les fondements même. Une culture de liberté, oui (merci Bernanos), donc anti-égalitariste.
    Il n'y a pas de guerre civile, car il n'y a pas de combattants, ou si peu que cela revient au même. Comment faire émerger sa voix dans le concert de "bruits et d'images" qui nous font oublier que le silence existe.
    "Sur cent hommes, dix ne devraient même pas être là, quatre-vingts sont juste des cibles, neufs sont de vrais combattants et nous sommes heureux de les avoir, car ils font la bataille. Quant à celui qui reste, celui-là est un guerrier et c'est celui qui ramènera les autres."
    Dans ce combat de la culture, serait-on certain de trouver 100 hommes ?

  • Un combattant pour et de la vraie culture n'est ni un mercenaire idéologique ni un soldat fonctionnaire.

    Le combat pour la vérité n'est pas une empoignade guerrière ni un enjeu politique. C'est un combat qui n'a rien à voir avec la quantité. Il s'appuie sur une transcendance, pas sur une descendance.

    Le combat pour la vérité n'est pas une guerre civile, c'est un combat spirituel – contre soi-même d'abord, s'il le faut. La guerre civile est toujours contre une culture partagée. Ce que la vérité exige que l'on combatte, ce sont des idées et des valeurs fausses – pas la religion sécularisée concurrente de la vérité.

    Mais j'entends l'argument : combien de divisions ? Heureusement la qualité humaine n'a rien à voir avec sa mesure politique. L'important n'est pas la quantité humaine, mais la vérité qui touche juste, au cœur, vainc l'angoisse et convainc la criminalité organisée du désespoir.

    Le combat n'est pas de ce que sont les hommes en qualité ou quantité, ou si peu, finalement, mais de « ce qui est », qui les fait, les pousse, les grandit, les libère et bonifie, et qui a nom : Culture, non pas tant officielle et contrôlée, que transmise, vivante, créatrice, fertile, fiable, juste, lucide, libre et partagée.

    Son combat de chaque instant est une attitude, un geste, une pensée, une écoute, une attention, une perception, une sagesse, un sentiment, une réalité, « une grandeur libre » qui n'a nul besoin d'être mesurée, étant elle-même mesure du monde.

    Ce qui est vrai est rare ou plutôt raréfié, c'est pourquoi il appartient au futur, qui le re-découvrira bientôt comme les poilus de 14, au milieu de l'enfer, ont tout compris d'un coup, et pour ceux qui se sont sortis de cet enfer, l'ont transmis au monde, pour des décennies de résistance souterraine, un peu comme ces premiers chrétiens... Le combat continue. Merci de votre remarque.

  • Darkhaiker : "le combat pour la vérité n'est pas une guerre civile, c'est un
    combat spirituel - contre soi-même, s'il le faut."
    Et il le faut TOUJOURS, SANS CESSE, JUSQU'A LA FIN, car "tout homme est menteur"
    (Psaume 116:11).
    A cette remarque très juste et très profonde, répond en écho celle de Céline
    dans "Voyage au bout de la nuit" :
    "La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas.
    La vérité de ce monde c'est la mort.
    Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n'ai jamais pu me tuer moi."

  • Si vous citez cette sentence, si rare et honnête, de Céline, vous marquez beaucoup de points d'un coup. Après, tout dépend de la façon de recevoir la vérité de cette haute vérité, dévoilée par ce génie d'abord d'humanité, à mon sens. Elle est implacable non pour l'humain, mais pour ses systèmes, un humain avili par un système de pure puissance. Pas pour l'homme vrai d'une certaine civilisation ancienne, que la vérité et son combat maintient absolument écarté de ce système inhumain et contre-transcendant, qui a toujours pu et pourra toujours, ici et ailleurs, pour des raisons culturelles propres plus que politico-logiques (…), choisir entre « mentir ou mourir ».

    Il y a ce que l'on peut nommer « l'obéissance consentie » d'un humain de bonne volonté à un ordre qui le nourrit et le constitue avant même de dépasser ses magnifiques limites naturelles. Et n'est en rien une soumission, mais plutôt un contre-don. Cette vertu, devenue chez nos modernes cervelles massifiées un vice lié à la corruption et à l'inversion généralisée des valeurs, un « vice révoltant » que le politiquement correct persécute au nom d'une fausse liberté, au rouleau compresseur, dès la maternelle, ce qui laisse effectivement peu de chance de sortir de l'alternative (douloureusement ou cyniquement, ou les deux à la fois ?) pointée par Céline.

    Personnellement, n'étant nullement nihiliste, sans pour autant nier ce que certains nihilismes disent de vérité, je suis pour partir effectivement d'un Céline, et du désespoir immense dont il crève en nous, ses frères humains « du voyage » sans fin ni fond (et là je pense aussi, incidemment, à un film comme « Coup de torchon » de Tavernier (…), pour aller vers une liberté qui est aussi en nous depuis bien avant le début de la terreur systémique, et qui ne peut pas avoir dit son dernier mot, dans la mesure même où celle-ci, dès qu'elle retrouve sa parole, comme chez Céline à son mieux, justement, mais aussi chez n'importe qui qui se réveille, retrouve la vertu incorruptible et irréfragable de la vérité réelle et libératrice de ce monde, et qui est loin de n'être qu'une asymétrie du mal, mais aussi et d'abord comme une réponse et un écho de quelque chose de beaucoup plus haut et grand que ce mal, devenu tellement existentiel, pour les habitants innombrables du système. Sans elle, c'est si vrai : le mensonge occupe toute la place, comme une sorte de dieu très humain, mais faux, « trop humain », dans un sens pointé par un autre génie janusien.

    Merci de vos remarques parfaites et stimulantes.

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