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  • Une France éternelle

     

    " (...) j'affirmais, si peu que je vaille, une France éternelle, qui a survécu aux Armagnacs et aux Bourguignons, comme aux Ligueurs et aux Huguenots, comme à tous les "Fronts" diversement connus, parce qu'elle est d'instinct juste et libre, et qu'elle n'a qu'un foyer, sa maison, la maison de France où, passé le seuil, nous sommes tous égaux, enfants de la même mère. N'en déplaise aux imbéciles, la France ne sera méprisée dans le monde que lorsqu'elle aura perdu l'estime d'elle-même (...)

    BERNANOS Georges, Les grands Cimetières sous la Lune, Paris, Points, 2014, pages 133-134.

  • Populisme

    "Ce livre défend la thèse qu'il s'agit d'un populisme d'un type nouveau, que je nomme populisme patrimonial parce qu'il est fondé sur la défense conservatrice et virulente d'un patrimoine matériel, qui est le niveau de vie, et d'un patrimoine immatériel, qui est le style de vie. L'apparition, en Europe, du populisme patrimonial constitue un phénomène politique particulièrement important. Il est capable de perturber le système politique de chacune des nations européennes comme le fonctionnement de l'Union dans son ensemble" (p54).

    "L'affaire Rushdie fait surgir avec un éclat dramatique la différence entre la diversité et le multiculturalisme. Elle annonce le retour de conflits motivés par un différend religieux, réactivant les images de guerre civile qui les accompagnent. Elle met au jour l'importance de l'écart qui peut séparer des conceptions de la société et de l'individu sur le territoire européen. L'affaire apporte aux Européens médusés la démonstration empirique de la contestation de leur modèle de société, non seulement dans le monde, mais aussi et surtout jusqu'au coeur de leurs sociétés. Encore convaincue de la force et de la justesse de son ordre libéral, l'Europe découvre qu'une partie du monde n'en veut pas, ne souhaite pas l'imiter et, plus encore, qu'une partie des Européens sont disposés à le remettre en cause. Cette fois, ce ne sont pas des fascistes ni des communistes qui font vaciller le modèle libéral européen, mais des croyants musulmans. Cette crise change brutalement le rapport des Européens à l'immigration parce qu'elle traduit la mise en visibilité soudaine de l'immigration musulmane ; parce qu'elle révèle l'échec de l'intégration, comme le montre indiscutablement l'engagement de certains musulmans d'Europe dans la dénonciation violente de l'écrivain britannique, au mépris de tous les principes libéraux qui fondent nos sociétés en matière d'opinion, de tolérance et de pluralisme ; parce qu'elle annonce la remise en cause du principe de la liberté d'opinion en réintroduisant de facto un délit de blasphème dont la disparition, au XIXème siècle, consacrait précisément l'avènement de la liberté d'opinion et de la liberté de la presse ; parce qu'elle réintroduit la question religieuse au coeur des conflits, réactivant ainsi la mémoire collective européennes des guerres de Religion, c'est-à-dire l'angoisse de la guerre civile. Enfin, l'affaire Rushdie met au jour l'appartenance des musulmans d'Europe à un communauté globale que certains d'entre eux placent au-dessus de leur nation dans la hiérarchie des appartenances et de loyautés (...)" (p 116-117).

     

    "Le populisme est toujours une variante du conservatisme. Ce n'est pas une politique de conquête, mais une politique de défense. Ce n'est pas une politique progressiste mais une politique de préservation. Le changement est dénoncé en tant qu'il affecte des situations acquises et constituées. Le populisme patrimonial est une stratégie d'autodéfense mise en place par des groupes sociaux aisés ou relativement aisés, confrontés au reclassement, voire à la paupérisation, ou saisis par la peur du déclassement ou de la paupérisation. Ce populisme est en réalité un mouvement mêlant des individus et des groupes bousculés par la vie et le sens de l'histoire à des groupes sociaux plutôt confortablement installés dans l'existence. Ils appartiennent aux catégories indépendantes, pour ce qui concerne le statut, et intermédiaires, pour ce qui concerne le niveau des salariés concernés. Le populisme patrimonial parle aux classes moyennes, aux indépendants et salariés, ce qui favorise l'image d'un mouvement unificateur, fédérateur, dépassant les clivages de classe. C'est pourquoi il peut aussi aimanter une partie de la classe ouvrière et même de la petite fonction publique d'Etat" (194).

     

    "Le populisme n'est pas moins fabriqué et entretenu par les responsables publics qui ne prennent pas la peine de corriger une situation immorale, de se placer eux-mêmes à l'abri du soupçon, de tout faire pour que les citoyens n'aient pas de motif de crier au scandale. Ces responsables qui comptent sur la cécité, sur l'indifférence ou sur la lassitude se trompent moralement et se trompent politiquement. Du côté des citoyens, l'époque est à l'exaspération, à la vigilance extrême et à l'exigence d'exemplarité. Ne pas les écouter sur ce point crucial sera la plus sûre façon de glisser sur la mauvaise pente. Si les démocraties nationales européennes, et l'Union avec elles, parviennent à répondre aux inquiétudes et aux exaspérations par un programme d'exemplarité collective alors les populistes auront rendu un service à l'Europe démocratique" (p374).

     

     

    Dominique REYNIE, Les nouveaux populismes, Coll. "Pluriel", édition revue et augmentée, Fayard, 2013.

     

     

  • De Doubs Chiffres

    Depuis hier, comme à chaque soirée électorale, chaque commentateur y va de son petit commentaire, largement commenté par ses confrères commentateurs. Et c'est ainsi que les faits s'estompent devant des analyses et interprétations pourtant pas toujours très pertinentes.

    Plutôt que des pourcentages des chiffres :

     

    PS

    2012 (Moscovici) : 16 421 voix

    2015 (Barbier) : 7 416 voix

    soit  - 9005 voix

    Où est "l'esprit du 11 janvier 2015" qui aurait, selon certains commentateurs, redonné des couleurs à la gauche ?

     

    UMP (Demouge)

    2012 : 9 341 voix

    2015 : 6 824 voix

    soit - 2517 voix

     

    FN (Montel)

    2012 : 9 605 voix

    2015 : 8382 voix

    soit - 1223 voix

     

    Le gagnant de ce 1er tour est donc celui qui a réussi à perdre le moins de voix entre 2012 et 2015. Nous sommes loin d'un renouveau démocratique.